21 Août 2026 à 16:24
Le média américain 404 Media a publié une enquête établissant qu'Amazon achète des livres d'occasion par lots de plusieurs centaines, en découpe les reliures et en scanne les pages pour entraîner ses modèles d'IA, les exemplaires physiques étant détruits dans l'opération.
Le journaliste Emanuel Maiberg a obtenu d'un libraire qu'il dissimule un traceur Apple (Airtag) dans un ouvrage inclus dans une commande d'environ mille volumes passée via la place de marché Biblio, qui garantit l'anonymat des acheteurs ; le traceur a été suivi à travers plusieurs États américains jusqu'à l'entrepôt LAS8 de Las Vegas, dont une aile — l'équipe VGT3, dont le logo est un tyrannosaure tenant un livre — est consacrée à cette activité selon des employés s'exprimant sur un forum interne.
La pratique est motivée par la raréfaction du texte humain non numérisé, les livres imprimés avant 2022 offrant une garantie d'antériorité sur l'IA générative, et s'inscrit dans le sillage du « Project Panama » d'Anthropic, révélé en janvier 2026, qu'un juge fédéral avait pour partie validé en 2025 au titre du fair use.
Amazon, interrogé, a fourni à 404 Media puis à Ars Technica la même phrase : « Amazon achète des livres par des canaux commerciaux afin de développer et d'améliorer les produits et services que nos clients utilisent ». La déclaration ne mentionne pas l'intelligence artificielle, ne décrit pas le procédé et ne dit rien du sort des exemplaires. Elle ne contredit pas l'enquête ; elle ne la confirme pas davantage.
Deux concurrents se sont positionnés publiquement : Anthropic et xAI affirment ne pas s'entraîner sur des livres rares ou anciens. Amazon n'a pas dit s'il s'imposait la même limite.