Jean-Michel Aphatie revient en détail pour Binge Audio sur le déni colonial français en Algérie, et la difficulté d’en parler encore aujourd’hui. Un podcast en 2 épisodes, en ligne à partir du 30 avril.
Le 8 mai 1945, de l’autre côté de la Méditerranée, une tout autre histoire que celle de la victoire des Alliés s’écrivait. À Sétif, Guelma et Kherrata, des milliers d’Algériens – entre 15 000 et 20 000 selon les estimations – étaient massacrés par des soldats et colons français pour avoir manifesté leur désir d’indépendance – une répression d’une brutalité et d’une barbarie indignes du pays des droits de l’homme. Un épisode longtemps occulté, pourtant point de départ de la guerre d’Algérie, et symptôme d’un aveuglement persistant : celui d’un pays qui refuse encore de regarder en face la violence de son passé colonial.
Au cœur de cette histoire, un fait presque méconnu, et pourtant glaçant : en juin 1945, dans la région de Guelma, des Français ont brûlé des corps d’Algériens dans un four crématoire. Un geste d’une horreur indicible, qui donne toute sa dimension à la violence systémique du colonialisme français – et fait voler en éclats le mythe d’une France épargnée par les crimes de masse.