
Couper le GPS du smartphone n’empêcha pas d’être localisé ?
Quand on veut cacher sa position, le premier réflexe consiste souvent à couper le GPS. C’est logique : c’est le signal que l’on associe spontanément à la géolocalisation. Mais un smartphone ne se résume pas à son capteur GPS. Même lorsque le bouton « Localisation » est désactivé, l’appareil peut encore laisser filtrer des indices sur l’endroit où vous vous trouvez.
Le GPS reste évidemment la source la plus précise. Il permet à une application de vous situer pour afficher un itinéraire, proposer la météo locale, suivre une course ou organiser une livraison. En extérieur, dans de bonnes conditions, il peut localiser un téléphone avec une grande finesse. Refuser cet accès à une application coupe donc une source majeure de données. Mais ce n’est qu’un début.
Le Wi-Fi, par exemple, peut aussi parler à votre place. Même sans vous connecter à un réseau, votre téléphone détecte les points d’accès autour de lui. Cette liste peut être comparée à des bases de données déjà existantes. Dans une gare, un centre commercial ou une rue dense, quelques réseaux visibles suffisent parfois à reconnaître une zone. Le Bluetooth ajoute une autre couche. Écouteurs, montres connectées, ordinateurs, enceintes ou balises diffusent des signaux que le téléphone peut détecter. Pris isolément, ils ne donnent pas forcément une position claire. Mais croisés avec d’autres informations, ils peuvent confirmer une présence ou une habitude.
Le réseau mobile, lui, reste incontournable. Tant que le téléphone communique avec les antennes de l’opérateur, il peut être situé plus ou moins précisément selon la densité du réseau. En ville, l’estimation peut être assez resserrée. En zone rurale, elle devient plus large. Même l’adresse IP donne un contexte géographique. Elle ne révèle pas votre rue, mais peut indiquer un pays, une région, parfois une ville ou un fournisseur d’accès.
Empêcher totalement un smartphone de livrer des indices est donc presque impossible lorsqu’il reste connecté. En revanche, on peut réduire les risques : limiter les autorisations des applications, refuser la localisation précise quand elle n’est pas nécessaire, désactiver les services système inutiles, couper vraiment Wi-Fi et Bluetooth dans les réglages complets, et utiliser un VPN pour masquer l’adresse IP visible.
Dernier point essentiel : les comptes connectés. Historique de trajets, adresses favorites, lieux visités, personnalisation publicitaire… si ces données restent associées à Google, Apple, Meta ou d’autres services, un simple réglage local ne suffit pas. La confidentialité se joue donc autant dans le téléphone que dans les comptes qui l’accompagnent.
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