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Le bijou comme un bisou

Anne Desmarest de Jotemps (qui produit également le podcast Il était une fois le bijou) raconte ici les grandes et petites histoires de bijou et l’actualité de la joaillerie.

Aujourd'hui, nous allons plonger dans les archives de la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française avec sa Directrice Agathe Sanjuan pour parler des bijoux de théâtre. Ce sont des bijoux bien tracés, on sait qui les a portés, dans quelles pièces. Il y a de la documentation, des archives, et de l'iconographie qui servent à représenter les usages de ce bijou de scène.


Les premiers bijoux de scène conservés datent de la toute fin du XVIIIe, début XIXe. A cette époque-là le costume de scène et le bijou sont de la responsabilité du comédien. Quand il y a des bijoux nécessaires pour incarner un personnage et sans lesquels la pièce n'a pas de sens c'est du ressort du théâtre. Souvent dans la tragédie, les bandeaux, les couronnes, les diadèmes, sont symboles du pouvoir. Alors l'institution théâtrale ne laissent pas ces bijoux fonctionnels à la responsabilité des comédiens, c'est le théâtre qui va fournir ces types de bijoux là qui ont donc une valeur dramaturgique dans la pièce.


Les comédiens avaient ces protecteurs qui leur fournissaient les costumes qui étaient extrêmement coûteux et s'apparentaient à des costumes de cour, entièrement ornés de pierreries, de broderies d'or et d'argent, acomme du bijou. Car sur scène, il fallait en imposer, car les places les plus chères, occupées par des gens de pouvoir étaient situées sur scène, et ces spectateurs pouvaient interrompre le cours de la représentation. Donc, ça faisait vraiment partie du métier de comédien, d'avoir de très beaux costumes, à la fois pour l'incarnation, mais aussi pour en imposer. Et pour le répertoire du XVIIe, XVIIIe, un tiers des pièces de théâtre nécessitait l'utilisation d'un bijou, ce qui est absolument énorme.


A partir du XIXe les codes des représentations changent et c'est le théatre qui décide des costumes et des bijoux. Par exemple du diadème qui fait la couverture du catalogue et l'affiche de l'exposition est un bijou qui a servi à Rachel, une comédienne très célèbre qui a débuté sa carrière en 1838 à la Comédie française et qui a complètement révolutionné l'art de la scène, en particulier dans la tragédie classique. C'était une comédienne qui avait un pouvoir d'incarnation absolument phénoménal, une présence sur scène qui électrisait les foules, à tel point que le public, ne venait que pour elle. Et un des éléments de grande séduction de son art de l'actrice, c'était ses bijoux. Ce diadème créé pour le rôle de Phèdre au premier acte de la pièce est un objet d'une réalisation extraordinaire. Le bijou de scène n'est pas réalisé avec des matériaux précieux. Néanmoins ils sont d'une qualité de réalisation qui rivalise totalement avec la joaillerie. C'est un bandeau royal, ou à peu près de 7 cm, en tôle en argent doré, et qui est entièrement estampé avec une décoration de feuilles d'acanthe. Il est percé de sertis qui présentent des camés coquilles. Leur réalisation est extrêmement fine, exceptionnelle pour ce type de camé. Ce bandeau est surmonté d'un rang de fausses perles d'une très grande qualité de réalisation et leur montage aussi est totalement exceptionnel. Le confort de la tête est privilégié. Ce sont des bijoux qui sont souvent habillés sur l'arrière pour ne pas blesser l'actrice et pouvoir être portée longtemps avec facilité. Les matériaux garantissent la solidité, parce qu'on joue avec ces bijoux, donc ils peuvent "un peu valser" sur le plateau.


A la Bibliothèque-Musée il y a une quarantaine de bijoux de scène fin XVIIIe- début XIXe et une petite collection de bijoux du XXe. La majorité sont des bijoux du XIXe siècle portés par des grands acteurs : Thalma, Rachel, Sarah Bernhardt. Le bijou le plus contemporain conservé à la bibliothèque date de 1986 : un diadème pour le rôle d'Esther dans la pièce de Racine, qui a été porté par Martine Chevalier et Véronique Vella.


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