
Fiona Souchard : Loyauté, chute et renaissance
Fiona Souchard fait partie de ces athlètes dont le parcours dépasse largement les tatamis.
Championne de France cadette à treize ans, sélectionnée dans la foulée pour les championnats d’Europe à Zagreb, elle connaît très tôt l’exigence du haut niveau.
Tout s’accélère la même année : un premier titre arraché le jour où sa mère boucle le marathon de Paris, une détection à Lille sous les yeux de Karim Bellahcene, puis l’équipe de France.
Une ascension fulgurante.
Mais derrière cette progression, il y a les fractures invisibles.
Le retour de Zagreb coïncide avec le divorce de ses parents. À treize ans, celle qui était collée à son père se sent abandonnée. La rébellion s’installe. Les entraînements s’arrêtent.
Il faudra que son instructeur, Faouzi AISSA, vienne trois fois en bas de chez elle pour la ramener sur les tatamis, en jouant sur la seule corde qui pouvait fonctionner : son ego.
Fiona reprend. Enchaîne les titres en junior.
Mais en senior, un plafond apparaît.
Les demi-finales s’accumulent. Maéva Mellier lui barre la route. Les sélections en équipe de France lui échappent.
Elle le sait.
Elle doit partir. Changer de club. Passer un cap.
Mais elle ne le fera pas.
Par loyauté.
La vie professionnelle prend le relais. Elle devient première commerciale de France.
Jusqu’au burn-out, cinq ans plus tard, qui la ramène là où tout a commencé : le dojo.
Aujourd’hui, Fiona donne un nouveau sens à son parcours avec Sixième Sens, une association d’autodéfense dédiée aux femmes.
Un projet nourri par son histoire.
Par une réalité qu’elle raconte sans détour : même une combattante peut se retrouver tétanisée sous les coups.
Un épisode sur les choix, les renoncements, et ce que signifie vraiment rester fidèle à ses valeurs.
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