En 1911, sous Auchel, dans le noir d'une galerie de mine, une voix annonce à Augustin Lesage qu'il sera peintre. Ce mineur sans formation devient l'un des plus grands autodidactes de l'art dit « brut ». Cent cinquante ans après sa naissance, la biennale des arts visuels de Béthune-Bruay lui consacre trois expositions, que ce documentaire fait dialoguer. À la Chapelle Saint-Pry, Aloïse nous plonge dans l'univers du spiritisme du début du XXe siècle et interroge la frontière entre preuve et spectacle. À la Cité des Électriciens, Laura Mené montre que Lesage n'est pas un cas isolé : tout un territoire minier, encouragé par les compagnies elles-mêmes, s'est autorisé à créer. À Labanque enfin, Emilie Lahaye Vantroyer fait descendre ce même geste jusqu'à la scène artistique internationale, où d'autres voix venues d'en dessous continuent d'être écoutées. Trois voix, trois lieux, un seul fil : celui d'un mineur devenu, malgré lui, un initiateur pour tout un territoire et pour la création contemporaine.
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