Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance, plaide pour une collaboration systémique entre start-up et grands groupes, en s'appuyant sur un constat chiffré : les start-ups représentent désormais plus de 20 % de la R&D réalisée en France, un chiffre qui a doublé en moins de dix ans.
Il élabore sa thèse dans un livre, récemment paru, Innvation² (Anne Carrière). Selon lui, les grands groupes doivent réorienter une part de leurs budgets R&D - 20 à 25 milliards d'euros - vers la prise de participation et l'acquisition de start-ups. En redéployant seulement 20 %, ils injecteraient 5 milliards supplémentaires dans l'écosystème, presque autant que l'ensemble du capital-risque français, aujourd'hui à 8 milliards.
Bpifrance avance : depuis 2013, la taille moyenne des fonds dans lesquels elle investit est passée de 80 à près de 300 millions d'euros. Mais l'urgence reste entière : environ 35 milliards sont nécessaires dans les cinq ans qui viennent pour financer la deep tech. La boucle ne se refermera que lorsque les grands groupes auront intégré la logique probabiliste du capital-risque. Et accepté d'en jouer toutes les règles.
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