Questions d’environnement

Comment Ebola est arrivé jusqu'aux humains?

15 octobre 2026
Comment Ebola est arrivé jusqu'aux humains?

L'actuelle épidémie du virus hémorragique qui frappe essentiellement la République démocratique du Congo (RDC) a tué plus de 4 300 personnes. Le recul des forêts et de la biodiversité est le principal facteur de développement d'une maladie transmise aux humains par des animaux.

Il est le patient 0, la première victime du virus Ebola. En 1976, un enseignant en voyage dans la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo (le pays s’appelait alors le Zaïre), meurt d’une maladie inexpliquée, près de la rivière Ebola. C’est le début de la première épidémie d’Ebola, avant que le virus ne soit découvert la même année.

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Bonne lecture.

Ce patient 0 avait acheté de la viande de brousse, du singe et de l'antilope. Et c'est comme cela qu'il a été contaminé. Ebola est une zoonose, une maladie transmise par les animaux aux humains.

Chauves-souris, singes et antilopes

Un animal en particulier attire les soupçons : la chauve-souris, capable d’héberger de nombreux virus. « On sait que certaines espèces de chauves-souris frugivores d'Afrique centrale jouent un rôle dans la circulation d’Ebola, explique Mathieu Bourgarel, écologue de la santé, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Dans certaines épidémies, les premiers cas ont été contaminés par des hôtes intermédiaires, des chimpanzés, des gorilles ou même des céphalophes, des antilopes qui ont parfois des comportements de charognards, qui vont manger des carcasses d'animaux qu'ils trouvent en forêt. » Des animaux qui peuvent être porteurs d’Ebola.

C'est en forêt que circule Ebola et où vivent ces animaux. Un bome où, en principe, il n'y a pas d'humains et c'est le cœur du problème de la transmission du virus : la présence de l'Homme dans des milieux naturels. Cette présence est parfois forcée, avec des déplacements de populations provoqués par la dernière guerre dans l'est de la RDC. Puis il y a toutes les activités humaines qui favorisent le contact avec des animaux potentiellement porteurs d'Ebola : la déforestation, l'agriculture, l'exploitation des mines…

« Le virus circule en forêt et souvent ces exploitations forestières ou minières génèrent ce qu'on appelle de nouvelles interfaces. On va exploiter une nouvelle partie de la forêt et d'un coup, il va y avoir beaucoup d'activités humaines. Ces gens-là, il faut les nourrir, donc il va y avoir plus de chasse dans la zone. Tout cela génère de plus en plus de comportements à risque », précise Mathieu Bourgarel.

À lire aussiRDC: comment expliquer la propagation rapide de l'épidémie d'Ebola dans l'est du pays?

One Health, une seule santé

La préservation de la biodiversité apparait donc essentielle dans la lutte contre des virus comme Ebola. C’est le concept One Health, « une seule santé », qui considère que l’humain n’est pas une espèce à part qui serait isolée de son environnement. « La santé des humains, la santé des animaux et la santé de l'environnement sont liées. Si on veut vraiment arriver à comprendre tous ces mécanismes de circulation et d'émergence, une approche “une seule santé” est l'unique solution », estime le chercheur spécialiste des virus émergents.

Pour se prémunir d'Ebola et d'autres virus, il faudrait alors éviter d’exploiter la nature pour limiter au maximum les risques de contamination, selon ce concept. Cela veut dire aussi limiter la chasse et la consommation de viande de brousse.

On développe aussi des programmes sur le terrain, pour détecter, sur des animaux, l'émergence d'une possible épidémie. « Au moment où on est informé d’une épidémie, il est déjà trop tard : cette épidémie est déjà développée dans la population humaine, souligne Mathieu Bourgarel, du Cirad. Alors que si on arrive à avoir des informations sur un événement suspect chez les animaux sauvages, on sera informé beaucoup plus en amont et on pourra donc faire de la prévention et de la sensibilisation auprès des communautés avoisinantes. »

La santé n'a pas de prix et c'est pareil pour la nature.

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