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Questions d’environnement

Un podcast RFI qui reprend les chroniques d’actualité environnementale de la radio, d’une durée moyenne de 3 minutes.

Des centaines de feux d’artifice prévus en France pour la Fête nationale ont été annulés en raison de la sécheresse et des risques d’incendies. Les spectacles pyrotechniques sont par ailleurs très polluants et peuvent même tuer des animaux.

En ce 14 juillet, jour de fête nationale (et avant la demi-finale du Mondial de foot face à l’Espagne), la France est bleu-blanc-rouge, mais surtout rouge comme les alertes canicules et les alertes incendies. Des centaines de feux d’artifice sont ainsi annulés, ou reportés : pas question de rajouter du feu aux feux. Ainsi en ont décidé les préfets dans une quinzaine de départements. Des entreprises pyrotechniques ont aussi pris les devants et ont tout simplement décidé de remettre la fête à plus tard, vu l’état de la sécheresse, des sols et de la nature, hautement inflammable.

« En tant que professionnels, il était hors de question qu'on prenne le risque d'aller déclencher un incendie. On ne pouvait pas se permettre de faire n'importe quoi, témoigne Emilie Chenu, qui dirige Arti-Show, une société pyrotechnique basée dans le département du Doubs, dans l’est de la France. Il y a certaines communes où on savait pertinemment qu'il était hors de question qu'on tire un feu sur ces terrains-là, parce que derrière, il pouvait y avoir une petite forêt, parce qu’ils ne sont pas forcément équipés pour prévenir des incendies. Donc on préfère limiter et reporter. » Légalement, rien n’oblige la présence de pompiers lors de tirs de feux d’artifice.

Les pompiers sont déjà bien occupés

À propos, la sécheresse et la canicule ne provoquent pas seulement cette année en France l’annulation des feux d’artifice ; le bal des pompiers, cette autre institution du 14-Juillet, subit lui aussi le contre-coup de cet été torride. Tant pis pour celles et ceux qui rêvaient de danser dans les bras d’un pompier (et plus si affinités). Avec la multiplication des incendies, très tôt dans la saison, et le secours porté aux victimes de la canicule aussi, les pompiers sont déjà bien occupés et ont un peu la tête ailleurs.

Outre le risque d’incendie, les feux d’artifice posent d’autres problèmes à l’environnement : ils polluent, même si les émissions de CO2, le principal gaz à effet de serre, restent très marginales. « Ça peut paraître un peu fou, mais pourtant une étude l’a montré : ce qui pollue le plus lors d'un feu d'artifice, ce n'est pas l'artifice, mais c'est le déplacement du public, tout simplement », relève Emilie Chenu. Le transport, c’est en effet toujours ce qui pèse le plus dans toutes les manifestations sportives ou culturelles.

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Record de pollution aux États-Unis

Mais la pollution de l’air peut avoir de lourds impacts lors d’un feu d’artifice, et à cet égard les États-Unis viennent de faire très fort (la pollution étant d’ailleurs un de leurs points forts…). Le 4 juillet dernier, pour le 250e anniversaire de l’indépendance du pays, Donald Trump lançait le concours du plus gros feu d’artifice : 850 000 pétards tirés en 40 minutes dans le ciel de Washington. Un record en la matière, et surtout un record de pollution. Parce qu’un feu d’artifice, ce ne sont pas seulement de belles couleurs et une bonne odeur de poudre, ce sont aussi des millions de particules fines, avec toute une série de substances chimiques envoyées dans l’atmosphère.

« Oh la belle bleue ! », s’extasie le public. Oui, mais le bleu, c’est du cuivre dans l’air et peut-être dans les poumons. Pour faire du rouge, on utilise du lithium. Et pour les étincelles, c’est de l’aluminium… Tout cela n’est pas neutre pour la santé humaine, alors qu'un feu d‘artifice, selon une étude américaine, augmente de 3 000% la quantité de particules fines dans l’air – il faut attendre le lendemain pour un retour à la normale.

Crises cardiaques chez les oiseaux

Mais les sociétés pyrotechniques se veulent de plus en plus éco-responsables, notamment pour l’emballage des pétards. L’aluminium est progressivement abandonné. « On utilise des produits qui sont biodégradables, en carton recyclé. Avant, on avait aussi beaucoup d'emballages plastique. Maintenant, il n'y en a quasiment plus. Donc niveau pollution, on a fait un grand pas par rapport à ça », assure Émilie Chenu, d’Arti Show.

Les feux d’artifice, et leurs explosions, ont aussi une conséquence plus inattendue sur l’environnement, en particulier sur les populations d’oiseaux. Il y a quelques années, à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, des dizaines d’oiseaux avaient été retrouvés morts, victimes de crise cardiaque… Certains font ainsi la promotion des spectacles de drones, pour remplacer les feux d’artifice, et pour qu’on puisse continuer de faire la fête et danser sur le brasier.

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