Partout sur la planète, de nouvelles lignes de chemin de fer sont construites, pour des raisons économiques mais aussi écologiques. Outil de lutte contre la crise climatique, le moyen de transport le plus propre est aussi vulnérable face au changement climatique.
Partout dans le monde, on pose des rails. La Suède et la Finlande inaugurent lundi 10 août leur première liaison ferroviaire. À l’échelle mondiale, la Chine est championne du monde du chemin de fer : le pays, parmi les plus vastes au monde, possède aujourd'hui le plus grand réseau de lignes à grande vitesse. Il devrait doubler en 15 ans et atteindre 70 000 kilomètres en 2035 : jusqu'à 90 % de la population chinoise pourra ainsi prendre le train.
« On développe le train entre des zones denses de population, souligne Victor Thévenet, le directeur ferroviaire de l'ONG Transport et Environnement. C'est là où cela fait plus de sens parce que c'est un transport de masse. Si on veut que ce soit rentable, il faut qu'il y ait de la demande. Aujourd'hui, on construit donc surtout des lignes entre des grandes villes. »
De nouveaux chemins de fer sont construits donc sur tous les continents : en Inde, au Maroc, en Côte d'Ivoire ou en RDC. En Europe, l'Union européenne vient de doubler le budget du ferroviaire.
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Prise de conscience écologique
Dans cet engouement pour le train, il y a évidemment une dimension économique, pour favoriser les échanges. Avec le rail, on fait de l'aménagement du territoire. Le train est aussi un moyen de transport écologique, beaucoup moins polluant que la voiture et bien sûr l'avion. « Sur les dix dernières années, il y a eu une prise de conscience écologique assez forte dans le secteur des transports. Et, il y a eu cette envie de beaucoup de citoyens de faire leur part et donc de voyager plus en train. C'est vrai que les trains sont beaucoup plus pleins que dans le passé », relève Victor Thévenet.
Pour autant, le train ne peut pas tout le temps remplacer l'avion. Il n’y a toujours pas de train Paris-New York : à se demander pourquoi ! Au-delà de l'humour, il y a un problème d'offre, notamment pour les liaisons transfrontalières en Europe. Chaque jour, 1 000 billets de train Paris-Barcelone sont disponibles contre 10 000 sièges d'avion. Certes, le train est plus long, mais, en réalité, la durée du voyage devient moins déterminante que le prix.
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Une arme contre le changement climatique... vulnérable au nouveau climat
« On voit que la durée acceptable d'un trajet est en train d'augmenter très fortement, estime Alexis Chaillou, responsable transports au Réseau Action Climat. Dans le train, vous avez du temps utile, vous pouvez travailler, lire, jouer, discuter, manger, plein de choses que vous ne pouvez pas faire en avion. En revanche, le prix est un vrai sujet qui n'est pas résolu. Sur Paris-Barcelone, un billet d'avion va coûter 80 euros et un billet de train 200 euros. C’est le résultat de choix politiques. Ce n’est pas une fatalité, c'est le résultat d'exonérations fiscales pour le secteur aérien. » Il n’y a pas de TVA sur le kérosène des avions, mais il y en a sur l'électricité qui fait rouler les trains.
Le train fait face à un paradoxe : il est une arme contre la crise climatique mais devient vulnérable face au nouveau climat, comme on a par exemple pu le voir de manière brûlante cet été en France. « La chaleur va dilater le métal. Les arbres qui sont à proximité des voies peuvent tomber en cas de tempête ou brûler en cas d'incendie. Vous allez avoir des coulées de boue en cas d'inondation. Oui, le réseau est vulnérable, souligne Alexis Chaillou, du Réseau Action Climat. La principale solution est de trouver de l'argent, suffisamment d'argent pour réussir à mettre le réseau à niveau pour résister au mieux. »
En France, ce sont près de 5 milliards d'euros par an que la SNCF prévoit de dépenser pour rendre le réseau résilient – ce qui ne va pas aider à faire baisser le prix des billets.
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