Alors que les Israéliens sont appelés aux urnes ce mardi 27 octobre, la campagne électorale est dominée par les questions de sécurité et les conséquences de la guerre. Pourtant, le coût de la vie, l'endettement public et le financement des dépenses militaires constituent des enjeux majeurs pour l'avenir économique du pays. Malgré la résistance de son secteur technologique, Israël doit faire face à des fragilités croissantes.
C'est l'un des grands absents de la campagne électorale israélienne : l'économie. Selon une enquête de l'Institut israélien de la démocratie publiée en septembre, 38 % des Israéliens juifs citent l'économie et le coût de la vie parmi leurs deux principaux critères de vote. Un chiffre proche de celui de la sécurité et de la politique étrangère, mentionnées par 39 % des personnes interrogées. Pourtant, aucun candidat n'a présenté de véritable programme économique chiffré. Cette absence de propositions concrètes révèle la difficulté des responsables politiques à répondre à des problèmes qui se sont aggravés depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et les conflits qui ont suivi.
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Je veux écouterPour les ménages, les difficultés sont pourtant bien réelles. Le logement et l'alimentation coûtent de plus en plus cher, tandis que les salaires ne progressent pas suffisamment vite pour compenser cette hausse. Israël figure ainsi parmi les pays les plus chers de l'OCDE, ce qui pèse particulièrement sur le pouvoir d'achat et l'accès au logement des jeunes actifs. Le pays doit également faire face au départ de travailleurs qualifiés, notamment des ingénieurs, des chercheurs et des médecins. Cette émigration représente un risque pour l'innovation et la compétitivité d'une économie qui repose largement sur ses talents.
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Le paradoxe est frappant. Alors que le quotidien des ménages se dégrade, les grands indicateurs économiques israéliens affichent une résistance remarquable. La Bourse de Tel-Aviv a fortement progressé et le shekel - la monnaie nationale - s'est apprécié. L'État hébreu bénéficie notamment de la puissance de son secteur technologique, avec des entreprises très présentes dans l'intelligence artificielle. Les prévisions de croissance sont également encourageantes.
Mais ces performances doivent être relativisées. Les succès de grandes entreprises ne se traduisent pas nécessairement par une amélioration du pouvoir d'achat ou de l'emploi pour l'ensemble de la population. La bonne tenue des marchés financiers ne suffit donc pas à rendre compte de la situation économique et sociale du pays.
Autre facteur important : l'augmentation des dépenses militaires. Celles-ci soutiennent certaines activités économiques, mais mobilisent également des ressources considérables qui ne peuvent plus être consacrées aux autres priorités nationales. Pour financer cet effort, l'État israélien s'endette davantage. La dette publique s'alourdit et le déficit budgétaire, c'est-à-dire l'écart entre les dépenses et les recettes de l'État, reste élevé. Cette situation réduit progressivement les marges de manœuvre du gouvernement.
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Le prochain gouvernement devra trouver un équilibre difficile : continuer à financer la défense sans sacrifier les investissements dans les infrastructures, l'éducation ou la santé. C'est l'un des principaux enjeux économiques du scrutin, sur lequel les deux camps défendent des orientations différentes. Benyamin Netanyahu plaide pour un renforcement massif des capacités militaires. Sa priorité est de garantir l'autonomie stratégique d'Israël, quitte à consacrer toujours plus de moyens à la défense.
Cette orientation implique cependant de maintenir un effort budgétaire important, alors que les finances publiques sont déjà sous pression. Son rival, Gadi Eisenkot, mise davantage sur des réformes structurelles. Il souhaite notamment mieux intégrer les ultra-orthodoxes dans l'armée et sur le marché du travail. L'objectif est économique autant que militaire : réduire le poids de certaines exemptions et subventions, mieux répartir l'effort collectif et permettre à davantage de personnes de contribuer à la production de richesses et aux recettes fiscales.
Au-delà du résultat des élections, l'enjeu est donc de préserver les moteurs de croissance d'Israël. Le pays doit financer durablement sa défense tout en maintenant son attractivité économique, en soutenant l'emploi qualifié et en répondant aux difficultés des ménages. Car derrière la résistance affichée des marchés et du secteur technologique, une question demeure : combien de temps l'économie israélienne pourra-t-elle absorber le coût de la guerre sans fragiliser ses propres perspectives de croissance ?
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