
Désinformation : anatomie d'une notion
Doctorant en sciences cognitives sociales à l'Institut Jean-Nicod, Grégoire Darcy publie La désinformation (Repères, La Découverte), une synthèse de dix ans de littérature scientifique sur le sujet. À rebours du discours ambiant, il refuse d'y voir un épiphénomène marginal autant qu'un instrument tout-puissant. Il décrit un phénomène statistiquement rare mais socialement concentré, qui prospère sur des vulnérabilités bien réelles.
Darcy s'attache au cours de l'entretient à donner les chiffres de la prévalence réelle de la désinformation, à démonter l'idée que le faux circulerait toujours plus vite que le vrai, et à séparer des effets directs difficilement prouvés des effets indirects sur la confiance.
Au programme :
— Comment mesure-t-on réellement la prévalence de la désinformation, et pourquoi les sondages déclaratifs ne disent pas ce qu'on croit ?
— Le faux circule-t-il vraiment six fois plus vite que le vrai ? Ce que l'étude Vosoughi (Science, 2018) établit, et ce que ses lecteurs lui ont fait dire.
— Sommes-nous crédules ? Une méta-analyse sur plus de 190 000 individus suggère que nous péchons surtout par excès de scepticisme.
— Pourquoi adhérer au faux peut être rationnel socialement, quand ça ne l'est pas épistémiquement.
— Le cadrage dominant de la « crédulité » : pourquoi il est incomplet, et pourquoi il résiste aux données (étude Darcy & Altay sur les professionnels du secteur).
— Que ferait Darcy avec 5 milliards d'euros sur cinq ans ? Une stratégie « en portefeuille » : fact-checking positif, refinancement de la presse régionale, observatoire interministériel.
Ce que vous pourrez entendre :
« Ce qui est irrationnel épistémiquement peut, en revanche, être rationnel socialement. »
« On peut écoper par du fact-checking autant qu'on veut le bateau qui coule, mais il faut aussi colmater la brèche. »
Retrouvez ici la bibliographie constituée par Grégroire Darcy
Un podcast proposé & produit par opsci.ai
Production : Justin Poncet
Animation : Guillaume Ledit
Réalisation : Romane Mugnier
Graphisme : Gautier Gevrey
Générique : Martin Commandeur
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